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▶️ Atteint d'une maladie nosocomiale, il doit partir en Géorgie pour éviter l'amputation

Le 13/01/2020 | Par Marine Abat | Lu 84709

"Je ne veux pas perdre ma jambe". Depuis la pose d'une prothèse complète du genou en 2014, Marc Craye est victime de sévères complications lui faisant redouter le pire. "J'ai hérité d'un staphylocoque doré", explique le Saint-Leusien de 68 ans. "Cette maladie nosocomiale a déjà entraîné six opérations et trois changements de prothèse".  Et beaucoup de souffrance.
 
Aujourd’hui, il ne lui reste que peu de choix. Il peut retenter un changement de prothèse (ce qu'il refuse, vu les précédents échecs) ou se faire amputer à mi-cuisse (alors que sa jambe fonctionne parfaitement). Mais l'espoir d'une vie meilleure reste permis. Car en cherchant des solutions, Marc a fini par en trouver une : la phagothérapie. Une technique découverte il y a plus d’un siècle par le biologiste franco-canadien Félix d’Hérelle, qui consiste à combattre les maladies infectieuses d'origine bactériennes avec des virus "mangeurs de bactéries", appelés phages.

▶️ Atteint d'une maladie nosocomiale, il doit partir en Géorgie pour éviter l'amputation
Problème : la technique a été mise de côté par les pays occidentaux depuis l’apparition des antibiotiques à large spectre. Mais elle reste utilisée dans les pays de l'Est, en particulier la Géorgie, où elle est très répandue. 

Un appel à la solidarité des Réunionnais

"En France, on y réfléchit... à petits pas lents, donnant à deux grands hôpitaux quelques autorisations temporaires de mise sur le marché... On se donne par là bonne conscience, rien de plus. Je me suis rapproché d'eux, mais ma tentative pour en bénéficier est un échec...", regrette le Saint-Leusien, qui s'est donc rapproché d'associations afin d'entamer les démarches pour se faire soigner en Géorgie.

Après la transmission de son dossier, il a obtenu une réponse claire avec devis : "Mon cas est précis et fréquemment traité. 70 % de chance d'élimination définitive des bactéries, a priori sans intervention, juste à injecter ces phages. Ce traitement impose de rester entre deux et trois semaines sur place, avec peu d'hospitalisation", résume-t-il. Un traitement qui a un coût.  "10.000 euros maximum tout compris : voyages, séjour, hébergement, traitement, bilans, analyse, soins, traducteur... Dans une clinique spécialisée qui offre toutes garanties de sérieux".
 
"Le devis est le dernier mur à franchir"

"Je suis en colère contre ce système idiot", peste-t-il à propos de l'absence de prise en charge par l'assurance maladie, alors même que ce traitement serait moins onéreux, selon lui, que les autres solutions. "
J'ai déjà coûté une fortune et tous les jours j'en coûte un peu plus en soins..."

Avec sa petite retraite, Marc ne dispose pas d'une telle somme. Il rassemble actuellement les documents pour déposer une demande au fonds d’indemnisation des victimes. "Mais c'est 8 à 12 mois de délai pour obtenir une avance". Déterminé à suivre ce traitement, le sexagénaire a également envisagé le recours au prêt, mais s'est rendu compte que c'était peine perdue, vu sa situation. Investi plusieurs années en politique, il est également allé taper à la porte de la mairie pour y trouver de l'aide, sans recevoir le coup de main espéré. Il s'en remet donc aujourd'hui à la solidarité des Réunionnais, par le biais d'une cagnotte lancée sur la plateforme de financement participatif Leetchi.com"Le devis est le dernier mur a franchir", exprime-t-il, plein d'espoir malgré sa détresse. Et de conclure :  "J'ai un genou à terre, mais pas les deux". 
 

▶️ Atteint d'une maladie nosocomiale, il doit partir en Géorgie pour éviter l'amputation


Commentaires (23)
1. Popote le 13/01/2020 18:59
La france tjrs dernier partout. Maladie nosocomiale chopée dans les hôpitaux qne font rien car on signe une décharge. Pourquoi la SS ne prend pas en charge une partie des frais vu que notre système français stagne en matière d avancement de recherche
2. Ti Tangue zilé zone le 13/01/2020 19:54
Une astuce : Attendre le prochain congrès des Maires ...en octobre 2020 ou prendre un billet que les entreprises offrent aux gratels de cadre incompétents pour une soit disant visite en métropole ce sera deux billets en moins sur la note ..
3. TICOQ le 13/01/2020 20:07
Je lui souhaite entière réussite et qu'il revienne à la Réunion en mettre plein la vue aux chirurgiens péi !
4. Cassepapaye le 13/01/2020 21:40
Oté les gars, on doit bien trouver 2 000 personnes qui vont mettre chacun 5 € ! Alon bougé...
5. polo974 le 13/01/2020 21:50
On peut connaître l'établissement qui a réussi cette prouesse de pourrir la vie de cet homme ? ? ?
6. Annie le 13/01/2020 23:50
Allons nous montrer notre solidarité pour aider ce monsieur. L''union fait la force...
Courage on est là pour vous.
7. Au cas si cela peut aider le 14/01/2020 00:43
Essayer de lire cette article . https://www.chu-lyon.fr/fr/phagotherapie-bacteriophage
8. MôveLang le 14/01/2020 02:57
C''est bien la solidarité quand c''est solidaire
9. Charetterhum le 14/01/2020 07:13
Effectivement on doit l'aider si chacun des réunionnais donne un ti euro, je soutiens cet homme comme je soutiens toutes les personnes malades c'est dur de ne pas avoir la santé courage merci à tous les réunionnais pour leur aide
10. Marc Craye le 14/01/2020 07:33
Ne pas se tromper de combat. Les médecins, chirurgiens ont donné ce qu''ils ont pu, la maladie nosocomiale est une question de malchance et pas de qualité de nos chirurgiens excellents. 500 à 800.000 accidents par an. C''est tombé sur moi, voilà tout.
11. Urgence ? le 14/01/2020 07:43
Il doit... ou il veut (partir). Ce n’est pas tout à fait pareil.
12. Marc Craye le 14/01/2020 08:17
Ne pas se tromper de combat. Les médecins, chirurgiens ont donné ce qu''''ils ont pu, la maladie nosocomiale est une question de malchance et pas de qualité de nos chirurgiens excellents. 500 à 800.000 accidents par an. C''''est tombé sur moi, voilà tout.
13. MARIE le 14/01/2020 09:51
il semblerait qu'il en soit de meme pour la Sclerose en plaques mais ca coute tres cher
au alentour de 50
000€
Ce qui est dommage c est d'aller dans les pays de l EST ou de faire venir des medicaments :::
14. Mohamem le 14/01/2020 10:45
@ 4.Posté par Cassepalapapaye

Vas-y !! Tu fais le site web (le premier pas) et on te suit !!!
15. polo974 le 14/01/2020 14:47
trouvé sur le net:
""" Le problème vient, en premier lieu, d'un manque de respect des règles d'hygiène élémentaires dans certains hôpitaux ou cliniques. Ainsi, en 2016, la moitié des établissements de santé ont commandé une quantité de produits hydro-alcooliques "inférieure aux deux tiers" à la quantité minimum requise au regard de leurs effectifs ! """

Il y a des endroits où il est toléré que les employés se servent en bidons de gel hydro-alcoolique pour atteindre justement cette consommation minimale...
16. Carré Jean Yves le 14/01/2020 15:50
Y-a-t-il un contact possible pour lui proposer une autre alternative ?
jean Yves Carré
17. Kayam le 14/01/2020 17:58
Super si en 2020 les zinfonautes veulent faire bande à part pour aider tous ceux qui en ont besoin. Qui se lance pour mettre en place le bassin ? Les p'tites gouttes d'eau font des grandes rivières. ON SUIT ? OK !
18. Ray le 14/01/2020 20:39
Il faut compter près de 5000 € entre des frais d''hôtel et les soins de phagothérapie ! beaucoup qui ont fait ce choix ont évité l''amputation.. Les lobbies pharmaceutiques savent que c''est efficace mais peu rentable au bénéfice des antibiotiques
19. Peka le 15/01/2020 07:40
Attention, on parle de Maladie Nosocomiale, certes, mais surtout de Staf Doré, bactérie que TOUT le monde a sur lui, c'est ce qui fait les boutons, furoncles. Le prob, c'est que dans le sang, et j'imagine sur les os, il se repend comme une sorte de colle impossible ou très difficile à enlever.
20. Dr anonyme le 15/01/2020 09:38
Lire également l'article de P. Thelliez dans le Vidal

https://www.vidal.fr/actualites/24064/la_phagotherapie_la_renaissance_d_un_vieux_traitement/

J'ajoute que, dans les années 60, André Lwoff et François Jacob étudiaient le phénomène de la lysogénie par lequel un bactériophage (un virus qui attaque les bactéries) peut rester ou non silencieux à l’intérieur d’une bactérie pendant plusieurs générations.

Jacques Monod lui de son côté cherchait autre chose : comprendre comment une bactérie s’adapte à une nouvelle source nutritive. Les mêmes mécanismes moléculaires se montrèrent capables d’expliquer le comportement des deux systèmes, étudiés jusqu’alors de manière totalement indépendante.

En 1965 le Nobel les a réunis ! Lire l'excellent livre 'Le hasard et la nécessité' de MONOD.
21. Katizan Issak le 15/01/2020 10:31
L’hôpital ou la clinique dans lequel il a chopé cette maladie nosocomiale est tenu de lui payer ces 10.000 €. Ils n’ont qu’à assumer ! On passe à la caisse lorsqu’on n’est pas capable de désinfecter un lieu, où on reçoit les malades convenablement.
22. Mohamem le 17/01/2020 21:45
La vidéo proposée sur la page de Leetchi n'est plus disponible mais j'ai trouvé ce lien Youtube ci-dessous qui semble pointer sur cette même vidéo !!
23. Dr anonyme le 19/01/2020 07:44
On ne devrait plus entrer dans un établissement chirurgical désinfecté plusieurs fois par jour sans passer par un SAS de désinfection et si'il le faut y rester plusieurs jours. Et pourquoi pas faire usage des virus bactériophages.
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