[Alt-Text] [Alt-Text]
Zinfos 974
Correctionnelle : Quand les escrocs séducteurs s’enrichissent

Le 14/05/2019 | Par Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com | Lu 2152

Une petite femme se trouvait ce mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour escroquerie. Des chèques en bois, des milliers d’euros volé à la banque et une histoire d’amour… Enfin, c’est ce qu’elle pensait. C’était la maitresse de Nicolas V., un escroc professionnel avec 8 condamnations sur son casier judiciaire et qui n’a pas payé d’impôts depuis 2008. Un soi-disant gérant d’entreprise dans le BTP, avenant, charismatique, éloquent… Selon ceux qui le connaissent car malgré la convocation devant le tribunal, il n’était pas présent. Sa mère et sa femme, également impliquées, non plus.
 
Il était jugé pour escroquerie et abus de confiance sur deux particuliers, dix sociétés, une banque et la Caisse des congés BTP. La somme : près de 700.000 euros. La technique : des chèques en bois pour obtenir du matériel de BTP, des faux contrats, des promesses de chantiers sans suite et des chèque sans provisions des comptes de sa mère, sa compagne et sa maitresse. En retour, les femmes profitaient d’une part des montants. Pour sa mère notamment, qui affirme avoir été au courant de rien, 2200 euros par mois. Sa compagne, quant à elle, continue à faire tourner l’entreprise malgré l’incarcération de Nicolas V. et la liquidation de la société.
 
Les dommages les plus importants sont pour la Caisse des congés BTP, à laquelle les cotisations pour dix de ses salariés n’ont pas été payées, et la banque : 124.000 euros, et une entreprise de terrassement : 300.000 euros.
 
Nicolas V. est finalement condamné à 5 ans de prison dont un an avec sursis, à rembourser les victimes, à une interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans et une amende de 30.000 euros. Concernant sa compagne et sa mère, elles sont condamnées à 18 mois de prison avec sursis.
 
Et pour sa maitresse, qui se dit "naïve", 6 mois de prison avec sursis. "On parle d’amour mais à un moment donné il faut remettre les pieds sur terre", lui conseille le président d’audience, Bernard Molie.
 
"L’amour rend aveugle"
 
Car c’est le deuxième cas d’amour, mensonges et escroquerie devant le tribunal ce mardi. Le premier, M.L, 52 ans, qui est tombée amoureuse d’un homme sur Facebook. Une photo et une promesse de mariage de cet individu qui vivait au Maroc ont suffi pour séduire la mère de famille célibataire. Et peut-être les soi-disant 3 millions d’euros qu’il avait sur un compte appartenant à son père décédé.
 
Mais il lui demandait un service : encaisser des chèques qu’il lui envoyait pour pouvoir mettre les fonds sur une "carte PCS" nécessitant un code. Un code fourni à son ami qui pouvait ensuite accéder aux fonds. M.L gardait une partie pour elle. Six chèques en tout, entre 2015 et 2016 pour un montant total de 51.000 euros.
 
Si M.L se dit "naïve", elle avait néanmoins été informée, dès le premier chèque, par la banque, qu’il était falsifié. De plus, les chèques, volés, étaient à des noms différents. Pour la procureure, il s’agit en effet d’une "histoire improbable" mais que la "confiance aveugle" était peu probable. Elle a donc requis 6 mois de prison pour complicité d’escroquerie. La cour a décidé de suivre les réquisitions et de lui rappeler : "L’amour rend aveugle, mais quand même…"
 


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :