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Zinfos 974
De la collapsologie et des collapsologues

Le 09/09/2019 | Par Saucratès | Lu 509

En profitant ce matin du calme du début de la journée pendant mon petit déjeuner, en écoutant les oiseaux chanter pour le soleil levant, je me rendais compte qu'une grande majorité des humains ont cessé de célébrer la nature, le soleil levant, l'aurore, le soleil couchant, le crépuscule. Qui n'a pas un jour entendu le raffut des oiseaux dans les bosquets d'arbres chantant au soleil levant ou au soleil couchant, en marchant ou immobile entouré de milliers de pépiements. Une sorte d'ode à la nature, au soleil, à la vie. Ces moments magiques ont quelque chose de magique. Alors que tant d'entre nous passent leur vie enfermés entre quatre murs, au mieux derrière des fenêtres, sans plus voir le soleil, pendant ces longues journées d'hiver où nul ne voit plus le soleil le matin ou le soir, enfermés au travail ou à l'école. Tant de millions ou de milliards d'humains ne pensent plus à célébrer la nature, le soleil, la vie.
 
Mon premier écrit de cette semaine traitera ainsi de la collapsologie. Ou plutôt des collapsologues. C'est un terme particulièrement à la mode. Les médias regorgent de leurs prises de parole, de leurs prises de position, de leurs chaînes YouTube ou de leur file d'actualité pour les plus jeunes. Même sur le site réunionnais ZINFO974, on est envahi par des prédicateurs de la fin du monde en herbe. La collapsologie est donc cette pseudoscience de l'effondrement des sociétés. Elle se réfère au terme médical «collapsus» qui signifie au choix «affaiblissement d'un organe» ou «effondrement des fonctions physiologiques, ou même de la structure d'un organe» (François Bournérias, Encyclopædia Universalis)
 
Pourquoi les grands prédicateurs de la fin du monde me posent-ils problème ? Pourquoi les chantres de l'effondrement à venir de la société occidentale me fatiguent-ils ? Apres tout, ceci n'est pas si nouveau. Autrefois, dès les années 1970, c'était le thème de la décroissance qui était l'un des thèmes en vogue dans les sciences économiques. Aujourd'hui, des grandes prêtresses de la fin des temps (et de l'école buissonnière), des grands gourous de l'apocalypse prolifèrent sur les peurs des consommateurs et sur l'avidité financière des grands groupes médiatiques détenus par des milliardaires souhaitant contrôler des pays ou le monde entier. 
 
Et c'est ce que je reproche aux collapsologues. Il s'agit soit de gourous autoproclamés, des capitalistes du catastrophisme, intéressés par le rendement financier de leurs petites entreprises surfant sur la fin du monde, soit des gourous du retour à la nature, perdus dans leurs montagnes ou campagnes profondes, qui n'en sortent que pour publier leur énième bouquin catastrophe, pour courir les plateaux de télévision afin de vendre plus de bouquins, tout en s'affichant comme les sauveurs de l'humanité. Il y a tous ceux qui rêvent de devenir célèbres, qui doivent trouver plus simple de parler de la fin du monde plutôt que de chanter à la Star Ac ou à The Voice, ou bien qui n'aucun talent. Et puis il y a aussi tous ceux qui sont persuadés d'avoir un message à transmettre, des nouveaux messies de la fin des temps, des nouveaux Moïse ou des nouveaux Mahomet. À d'autres époques, ils auraient créé des Eglises et des religions et aujourd'hui ils surfent sur les médias, désespérant d'attirer l'attention sur leurs petites personnes, leurs si importants combats.
 
Ils ne tiennent nullement compte de l'immense masse des travailleurs qui seraient touché, frappé par leurs propositions d'évolution de nos sociétés, de leurs remèdes de collapsologues. La masse des citoyens de nos pays, de l'humanité (mais l'humanité dans son ensemble ne les lit pas) ne vit pas royalement des sommes gagnées avec la vente de leurs livres, les dons de leurs admirateurs aveuglés. Il est à craindre que derrière chacun de ces prêtres et prêtresses de l'apocalypse, il y a une entreprise dont l'objet est pécunier et financier, des prophètes ou des proches dont l'objectif est de s'enrichir, sous prétexte de sermonner les masses ou d'influencer les puissants. La masse des citoyens de nos pays vivent chichement, difficilement, peinent à finir le mois. La masse des citoyens du monde entier vivent enfermer dans des appartements étriqués, quand ils ont la chance d'avoir un toit à eux, d'un toit qui leur appartient, pour la possession duquel ils ont trimé toute leur vie, et on voudrait le leur enlever ? Les collapsologues veulent les rendre responsables de l'état du monde, de l'état de la planete, les faire payer toujours plus ou au contraire leur interdire de se déplacer. Une nouvelle loi les rend responsable d'habiter dès passoire thermique et leur imposera soit des dépenses somptuaires pour les mettre aux normes, soit leur interdira de pouvoir vendre leur bien, voire bientôt de le louer. 
 
La collapsologie oublie les hommes et les femmes, les humains derrière ses grandes théories fumeuses.  Tout ceci est évidemment fait pour les prochaines générations, pour les pauvres des autres pays en développement ... peut-être ... sauf qu'ils sont absolument comme la masse des travailleurs et des exploités de nos pays occidentaux, et que la collapsologie ne pense absolument pas à eux. La collapsologie est juste un courant à la mode, rempli soit de capitalistes qui ont trouvé le filon pour s'enrichir et/ou devenir celèbres, soit de prêtresses et de prophetes qui se croient investis d'une mission sacrée. 
 
Pour finir, je reprendrais une citation de Matrix que j'ai revu récemment :
 
Smith à Morphéus : «Je souhaiterais vous faire part d’une révélation surprenante, j’ai longtemps observé les humains, et ce qui m’est apparu quand j’ai tenté de qualifier votre espèce, c’est que vous n’étiez pas réellement des mammifères… Tous les mammifères sur cette planète ont contribué au développement naturel d’un équilibre avec le reste de leur environnement, mais vous les humains vous êtes différents. Vous vous installez quelque part, et vous vous multipliez, vous vous multipliez, jusqu’à ce que toutes vos ressources naturelles soient épuisées, et votre espoir de réussir à survivre, c’est de vous déplacer jusqu’à un autre endroit… Il y a d’autres organismes sur cette planète qui ont adopté cette méthode, vous savez lesquels ?... Les virus. Les humains sont une maladie contagieuse, le cancer de cette planète, vous êtes la peste ...»
 
J'ai trouvé cela tellement en rapport avec le sujet de ce soir. Suis-je collapsologie ? Non.
 
Ce qui fait la force des collapsologues, c'est que notre monde a déjà vécu des effondrements de sociétés. Celles de peuples du nouveau Monde comme les Incas ou les Mayas. L'effondrement de l'empire romain au cinquième siècle. Ou bientôt plus tôt dans l'histoire humaine, les multiples 'effondrements' des sociétés mésopotamiennes. Sauf qu'aujourd'hui il ne s'agira plus de se déplacer de quelques centaines de kilomètres et d'abandonner nos villes pour trouver de nouvelles terres sur lesquelles s'installer, ou de nouvelles ressources naturelles à collecter ou à chasser. C'est la force des collapsologues de jouer sur cette peur, de demander à la multitude exploitées de se serrer toujours plus la ceinture, tout en s'enrichissant sur leurs peurs. Tout en sachant qu'ils ne sont que l'autre face de ceux qui s'enrichiront sur les solutions technologiques luttant contre l'effondrement. Mais le monde moderne ne peut tourner que si les élites qui profitent des bienfaits du monde et de la technologie ne sont qu'une poignée et si la masse des exploités ne profitent d'un train de vie trop élevé. Ce sont les classes moyennes occidentales qui posent problème aux collapsologues, ces classes moyennes qui osent polluer la planète et dont le style de vie est tellement reprehensible, parce qu'il copie celui des puissants.

https://saucrates.blog4ever.com/


Commentaires (16)
1. polo974 le 09/09/2019 15:37
""" Ces moments magiques ont quelque chose de magique. """

En effet... c'est magique...
2. A mon avis le 09/09/2019 16:49
Vous parlez de la collapsologie sans jamais certainement avoir lu aucun des ouvrages qui traitent des théories de l'effondrement.
Contrairement à ce que vous prétendez ce ne sont pas des "pseudoscience de l'effondrement des sociétés" (pour reprendre vos termes) ; les théories sont argumentées et reposent sur des constats scientifiquement prouvés et chiffrés. Mais comme toutes les théories, elles peuvent être discutées.

Votre argumentation est fallacieuse quand vous dites :

C'est la force des collapsologues de jouer sur cette peur, de demander à la multitude exploitées de se serrer toujours plus la ceinture, tout en s'enrichissant sur leurs peurs. Tout en sachant qu'ils ne sont que l'autre face de ceux qui s'enrichiront sur les solutions technologiques luttant contre l'effondrement.


En effet, les auteurs qui théorisent l'effondrement de nos sociétés ne sont en quelque sorte que des "lanceurs d'alerte". Ils ne surfent pas sur la peur des gens comme vous l'affirmez.

Mais bien au contraire, ce sont les climato-sceptiques, les chantres du toujours plus de croissance, du toujours plus de pétrole, toujours plus de gaz etc. en un mot chantres du néocapitalisme, qui brandissent l'intelligence humaine et sa technologie pour résoudre tous les problèmes. Ce sont eux qui dénigrent ces lanceurs d'alerte, en misant sur deux choses :
- notre cerveau n'aime pas entendre de choses déplaisantes, et donc refuse ne penser un désastre futur ;
- les conséquences du dérèglement climatique, bien que tout à fait perceptibles à l'échelle humaine, sont suffisamment étalées dans le temps et l'espace pour que chacun ne se sente pas directement et individuellement concerné.

Alors Saucratès : climato-sceptique ?
3. A mon avis le 09/09/2019 17:17
Votre citation de Matrix, dont vous semblez approuver le contenu, est absurde.

En effet, l'Homme n'est pas différent des autres Mammifères ni des autres êtres vivants : chaque être vivant est en compétition avec son environnement notamment pour se nourrir (apport d'énergie) et pour étendre son influence (reproduction).
L'Homme se comporte comme n'importe quelle autre espèce animale, et même comme n'importe quelle espèce vivante. Chaque espèce vivante prolifère tant qu'elle a de la nourriture et de l'espace et qu'elle ne se fait pas manger !

Des civilisations telles que celles que vous citez ont disparu bien souvent parce que leur prolifération a provoqué la modification de leur milieu de vie, notamment l'approvisionnement en nourriture. Ou bien les conditions climatiques se sont modifiées (sécheresse, froid etc). Tout comme des espèces vivantes prolifèrent ou disparaissent selon les modifications de leur environnement.

La seule différence, c'est que l'humanité a atteint une échelle telle que son milieu naturel est constitué de la Terre dans sa globalité et que notre action a des répercutions mondiale. Et de plus on constate que la biodiversité diminue. Ce n'est plus seulement une atteinte de la civilisation humaine qui s'amorce, mais carrément une extinction de la biodiversité, telles qu'il en a déjà existé à l'ère primaire et à l'ère secondaire.

P.S. : Question : classez vous les virus dans êtres vivants ?
4. C.J le 09/09/2019 17:27
@Sauce. ..tu fais grave là ! Mais c''est bien j''aime.. . Le ton est bon. .juste pour créer l''éveil ..c''est dit avec les tripes. .
5. Saucratès le 09/09/2019 22:37
Salut 2.À mon avis et 4.Carl. AMA, je suis d'accord avec vous sur un point, la collapsologie se veut être une théorie ou une science et repose sur des constats, des préalables. Là où ça se discute c'est de savoir si ces constats sont scientifiquement prouvés, si c'est réellement une science. Selon moi, ce n'est pas le cas. Je me sens en fait climato-sceptique, parce que je remets en cause cette idée qu'il nous faut croire aveuglément les théories de quelques savants et obéir aveuglément à la médiatisation à outrance de ces théories, que l'on nous sert à toutes les sauces, dès le moindre désordre climatique ! Je ne remets pas en cause l'origine humaine du réchauffement climatique, j'interroge juste son interprétation scientifique, les conséquences et les risques. Comment peut-on démontrer que ces scientifiques se trompent puisqu'il n'existe aucune critique autorisée de leurs théories. Et même si on découvrait demain qu'ils se trompaient, ils continueraient malgré tout à médiatiser leur conclusion de fin du monde. C'est un peu comme les économistes ultraliberaux. Entre 2007 et 2009, on ne les a plus entendu. Ils avaient disparu des médias. Lorsque leurs théories s'étaient effondrés avec la crise financière de 2007-2009 et que les États ont dû intervenir massivement pour sauver le système financier. Puis quelques années plus tard, ils sont revenus à la une des médias et aujourd'hui à nouveau, on n'entend qu'eux. L'ultra libéralisme est à nouveau paré de toutes les vertus et toute autre théorie est farfelue. Comme pour les théoriciens du réchauffement climatique ou les collapsologues. Je pense que leur offensive ne fait que commencer. Et non, je ne lirais pas leurs livres pour les enrichir un peu plus. Amicalement à tous les deux. Saucratès.
6. A mon avis le 10/09/2019 11:09
@ 5 Saucratès :
Vous avouez vous-même ne pas lire les théories de l'effondrement et vous dénigrez "la collapsologie et les collapsologues".
Votre billet serait intéressant si vous critiquiez ces théories. Mais vous rejetez tout en bloc c'est-à-dire que vous portez des anathèmes sur un sujet que vous ignorez complètement. Et même que vous refusez de connaître puisque vous refusez d'acheter les ouvrages traitant du sujet. C'est à la fois présomptueux et stupide.

Vous vous déclarez climato-sceptique parce que vous dites remettre "en cause cette idée qu'il nous faut croire aveuglément les théories de quelques savants".
Encore une fois, vous êtes dans le déni borné de l'ignorant. Vous confondez les travaux et résultats des scientifiques du GIEC, avec la transcription politique et médiatique qui en est faite.

Les participants du GIEC sont de VRAIS scientifiques qui utilisent des méthodes rigoureuses d'observation et d'analyse conformes aux méthodes scientifiques.
Ils n'ont aucun parti pris. Les résultats qu'ils donnent s'appuient sur des données objectives, à partir desquelles ils proposent (ils n'imposent pas) des simulations d'évolution du climat et ses conséquences possibles.

Personne ne vous demande de "croire aveuglément les théories de quelques savants ":
- d'abord parce qu'il ne s'agit pas de quelques savants mais de la grande majorité des scientifiques concernés qui s'accordent sur les résultats de ces études.
- Ensuite parce que les "critiques autorisés" comme vous les désignez c'est-à-dire les scientifiques climato-sceptiques existent peut-être encore, mais ils se font plutôt rares ! Monsieur Allègre par exemple se fait bien discret !
- Enfin parce que la science n'est pas une croyance, et que la critique est tout à fait naturelle, mais à condition que la critique soit fondée et argumentée. Et pour cela il est préférable de maîtriser son sujet avant d'écrire un billet.

Vous devriez lire avec intérêt le billet de Monsieur Bourgeon
https://www.zinfos974.com/Vivre-avec-l-effondrement_a144052.html

Et je vous renvoie aussi à mes commentaires de ce billet avec notamment ce lien :
https://developpement-mental-semantique.com/le-catastrophisme-maladie-infantile-de-lecologie-politique/

PS.: vous n'avez pas répondu à ma question : Classez vous les virus dans les êtres vivants ?
7. polo974 le 10/09/2019 13:21
à Saucratès: il faut absolument faire la différence entre d'un coté la science et ses constats, analyses, démonstrations et de l'autre, le cirque médiatique qui est fait autour.

perso, je dirais que la collapsologie est une méta-science qui essaie de chapeauter/fédérer toutes les études dans divers domaines qui tendent à démontrer qu'on approche de la "phase terminale".

les "théoriciens du réchauffement climatique" n'effectuent aucune offensive, ils analysent, constatent, modélisent et finalement, on constate que pour le moment, vu la politique mise en place (en gros, on fait comme si de rien n'était, voir pire), on se dirige plutôt vers les scénarios critiques.

il est indéniable que le taux de co2 dans l'air a augmenté de 33% depuis le début de l'ère industrielle.
il est indéniable que la température à augmenté au même rythme (en dehors des variations naturelles cycliques, connues, observées et prises en compte par le giec).
il est indéniable que le niveau de la mer monte et que de grandes surfaces habitées vont disparaître.
il est indéniable que le nombre d'espèces qui ont disparu (et qui vont disparaître) du fait de l'action humaine n'a jamais été aussi élevé, et ne cesse de croître.

mais il est facile de dire que ce sont des calculs incompréhensibles sur des données inaccessibles qui du coup ne veulent rien dire et que même, il y a un ou deux scientifique qui affirme le contraire de tout ça (affirmer n'est pas prouver...).

là dessus, on ajoute une couche de journalistes qui n'y comprennent pas toujours grand chose (là, je suis gentil), qui déforment le contenu des annonces, font une trop grande place au spectacle, ce que savent exploiter les professionnels de la peur, les populistes, les conspirationnistes de tout poil et les communicants à la solde de ce qui ont des intérêts immédiats à sauvegarder.

bref, le message clair mais difficile à démontrer en 5 minutes (heures) est noyé dans un maelstrom de conneries qui finissent par brouiller les esprits qui de toute façon ne sont pas très réceptifs aux messages d'alerte rouge qui s'allument de tous les cotés.

L'alerte est trop dérangeante, incroyable, inimaginable, on trouvera bien une solution, sauf que ça fait 50 ans qu'on cherche cette putain de solution. On n'a pas mis au point de nouvelle source d'énergie pratique (instantanément disponible) depuis 50 ans.

La physique est en butte aux niveaux d'énergie trop grands pour pouvoir avancer. Et quand bien même on ferait une petite avancée, les risques d'accident auraient une autre échelle. (au début, un accident, c'était une chaudière qui saute, puis un peu plus tard une usine, puis on est arrivé à détruire une ville (cherno, fuku).

Et cerise sur le gâteau, on a oublié comment monter des centrales nucléaires (voir les 10 ans de retard de l'EPR français juste pour réapprendre à monter une centrale à peine 30% plus grosse que celles qu'on a construit il y a 30 ans ! ! !

Après ce petit tour sur le problème de l'énergie, il reste juste à régler le problème de l'eau, de la nourriture, de l'habitat, des diverses matières premières et comme on sera un peu plus nombreux, il faudrait aussi penser à l'éducation, au savoir vivre ensemble, etc, etc...

Maintenant, il y a aussi la solution radicale: une "bonne guerre" bien dégueu avec armes bactério et chiniques. Ce qui réglerait sans doute le pb de surpopulation, mais comme en temps de guerre, on n'est pas très écolo, les "dégâts collatéraux" risque également d'être saignants...

Enfin, pour terminer: réagir fortement maintenant coûterait surtout aux riches, les pauvres n'ayant que leur vie à perdre. Par contre, attendre encore et encore permet aux riches d’asseoir leur puissance et va mettre en situation mortellement périlleuse les plus démunis. C'est d'ailleurs pour ça que rien ne bouge...
8. Saucratès le 10/09/2019 21:07
Bonjour 7.Polo974. Belle argumentation dans votre message. J'en partage d'ailleurs une grande partie. Oui beaucoup de ce que vous dites est indéniable. Mais comme je suis de plus en plus sceptique, de plus en plus méfiant, j'interroge la conclusion des scénarios critiques, de l'inéluctabilité de l'effondrement de la civilisation humaine. C'est cela la conclusion des rapports du GIEC : le fait qu'il faut agir incessamment, à défaut il sera trop tard. Et c'est surtout cette conclusion que n'interroge même si beaucoup de conclusions sont effectivement indéniables. Mais ce qui est aussi indéniable, c'est qu'entre -10.000 avant notre ère et l'an 0 de notre ère (ou plutôt jusque vers -8.000 ou -7.000), le niveau des océans avait remonté de près de 100 mètres et les températures avaient remonté de près de 8 à 10 degrés. Alors que représente une remontée des océans de 2 mètres et une montée de 2 degrés? Pourquoi cette évolution serait-elle catastrophique au contraire de celle qui a eu lieu il y a 8.000 ou 10.000 ans? Si les collapsologues avaient existé dans la préhistoire, ils s'en seraient donnés à cœur joie, et on vivrait encore au milieu des glaciers! LOL.

Merci AMA de vos divers messages. Mais je crois avoir compris que l'on peut difficilement se comprendre. Quant à votre question sur les virus, font-ils partie des êtres vivants? Question piège. Je n'ai fait que citer une magnifique citation d'un de mes films cultes, Matrix. Je la trouve géniale et très descriptive de l'être humain. Aucun autre mammifère n'épuise de la même manière les ressources du milieu dans lequel il vit. Amitiés à tous les deux. Saucratès.
9. Bruno Bourgeon le 11/09/2019 15:11
Saucratès, dans votre post 8, vous utilisez un argument fallacieux : vous dites que la remontée des eaux a été de 100 m, oui mais sur 10000 ans, et à une époque où la population humaine et animale était loin d'être aussi importante que maintenant. De plus, en admettant vos chiffres et une remontée linéaire, cela fait 1 m tous les 100 ans. La remontée actuelle semble moins rapide, mais sachez que deux milliards d'êtres humains vivent au niveau de la mer. On peut prévoir de belle migrations, non? Tout le monde n'a pas son polder comme en Hollande, et d'ailleurs les Néerlandais consolident leurs digues : pas fous, les Oranje...
L'argumentation de Polo974 est solide. Les collapsologues que vous dénigrez ne sont ni capitalistes ni gourous : ils sont pour la plupart scientifiques (Servigne, Barrau, Reeves, Diamond, Tainter…). Ils décrivent des avenirs vraisemblables, au regard des constatations des disparitions de civilisations du passé, qui furent florissantes pendant une période, avant de s'effondrer, de causes diverse, Diamond en retenant 5 : la subsistance alimentaire moindre plus ou moins en relation avec des événements climatiques (tiens, tiens, comme on se retrouve), un voisinage hostile prompt à guerroyer, des relations commerciales qui s'effondrent aussi, enfin les communications qui s'éteignent dans ces empires , s'affaissant sous leur propre poids. A l'échelle mondiale, nous n'avons pas de voisin hostile, mais les relations commerciales sont de plus en plus difficiles au regard du changement climatique et des combats contre les traités climaticides, le réchauffement climatique est là, limitant la production alimentaire pour nourrir une population en pleine croissance, surtout en Afrique et en Amérique latine. Les 5 conditions de Diamond sont présentes : il y a lieu de fortement s'inquiéter.
10. polo974 le 11/09/2019 17:14
juste pour info sur le niveau de la mer:

https://wwz.ifremer.fr/gm_eng/Understanding/Our-questions/Paleoclimate-and-sedimentary-environments/Variation-du-niveau-de-la-mer-4-posters

""" depuis le dernier maximum glaciaire, équivalent au dernier 20.000 ans. Le niveau marin passe au cours de cette période de –130 mètres sous le niveau actuel jusqu’au niveau que nous connaissons actuellement. """

donc, le niveau était 130m plus bas, puis est remonté et est resté très stable ces 6000 dernières années.

pour un niveau nettement plus élevé que le niveau actuel, il faut remonter de plusieurs dizaines de millions d'années. l'humain depuis ses "origines" (3 à 4 millions d'année) n'a pas connu de niveau nettement supérieur au niveau actuel (on est normalement sur un pic cyclique, mais on a remis des pièces dans le juke-box...).

les humains se sont sédentarisées il y a peu, les frontières sont une invention ultra-moderne. avant, les gens se déplaçaient selon les besoins, la densité de population était dérisoire.
11. Saucratès le 11/09/2019 22:52
Réponse à 9.Bruno Bourgeon. Sur le thème de l'effondrement des sociétés, je vous invite moi aussi à lire le bouquin récent de James C. Scott, «Homo Domesticus» (édition La Découverte), qui remet en cause le phénomène et la définition d'effondrement que vous citez pour probablement les mêmes sociétés que votre auteur : les sociétés mésopotamiennes, les sociétés incas, la société grecque de l'époque archaïque, Rome ... Plutôt que d'effondrement, il préfère parler de dispersion des peuples. La notion d'effondrement n'est qu'une interprétation tronquée des restes archéologiques. Seule l'écriture disparaît parce qu'elle est consubstantielle aux Etats agraires de cette époque. Selon lui, l'histoire de ces États (auxquels vous vous référez pour parler d'effondrement) ne représente qu'une infime partie de l'histoire de l'humanité, quelques dizaines d'années pour certains et quelques siècles pour ceux ayant duré le plus longtemps. Ces États se sont surtout dissous parce qu'ils surexploitaient leurs propres peuples. J'espère que ce ne sont pas là vos seuls arguments en faveur de la collapsologie ! Saucratès.
12. Saucra le 11/09/2019 23:22
Bonsoir 10.Polo974. Si je vous traduis donc, il n'était nul besoin de s'inquiéter au cours des milliers d'années précédentes puisque le niveau des eaux revenait à son niveau antérieur ? Mais aujourd'hui c'est inquiétant ? Donc si on découvre que le niveau des océans était 3 mètres plus élevés il y a 125.000 ans, à la fin du pléistocène, il n'y aurait donc plus de raison de s'inquiéter? Me trompe-je?

Le problème des migrations avec près de 8 à 10 milliards de terriens est évidemment beaucoup plus ennuyeux que lorsqu'on était à peine quelques millions d'habitants. Même si je pense que ces migrations là ont aussi dû s'accompagner de conflits et d'absorption de population, lorsque des groupes humains venaient empiéter sur les territoires d'autres groupes humains. Le mythe du déluge biblique se rapporte vraisemblablement à l'une de ces périodes d'ailleurs, de rupture brutale d'un lac de fonte de glace. Vers moins 12.000 ans ou plus proche de nous, vers il y a moins 6.000 ans. De nouveaux mythes naîtront-ils d'un éventuel cataclysme climatique, s'il s'en produit un dans les siècles futurs ? Au plaisir de vous lire. Saucratès.
13. Saucratès le 12/09/2019 09:08
Complément de réponse à 10.Polo974. En parlant de mythe d'engloutissement, je songeais notamment au mythe breton de la ville d'Ys et du roi Gradlon. Et le site de l'Ifremer dont tu transfères l'adresse internet traite aussi justement des paléovallées d'Ys, en baie de Douarnenez. J'ai tellement rêvé à cette ville d'Ys dont les murailles sont réputées s'ouvrir un jour par an. Mais y a-t-il un événement mythique qui explique la légende d'Ys. Il y a 20.000, 12.000 ou 8.000 ans, il ne pouvait y avoir de cité en baie de Douarnenez qui aurait pu être engloutie par les flots déchainés ! C'est impossible. Saucratès.
14. polo974 le 12/09/2019 09:19
Comme je disais, c'était juste pour info (car j'ai bien été obligé d'aller chercher l'info, et du coup, je partage...).

Ensuite, pour répondre à la question "il n'y aurait donc plus de raison de s'inquiéter?":
Ben, si, quand même... à l'époque (-125000) en gros, tout le monde était sdf, personne ne dépendait d'infrastructure complexe.
Notre société en se "technologisant" s'est aussi fragilisée en créant tout un tas de dépendances qui n'existaient pas auparavant.
par exemple à la Réunion, si on coupe l’électricité, au bout de quelques jours, c'est:
plus de moyens de communication (radio, téléphone, ...)
plus de basculement des eaux (50 MW de pompes installées)
pas mal d'engorgement des réseaux d'évacuation des eaux usées (il y a des pompes de relèvement sur le réseau).
débordement des stations d'épurations (avant que touts les réservoirs et autres citernes ne soient à sec).
perte de certains réseaux d'eau potable (partout où il faut pomper, filtrer, bref, presque partout).
perte de beaucoup de denrées alimentaires frigorifiées ou congelées.

Je m'arrête là, juste sur les premiers soucis, sans parler des phénomènes sociaux qui peuvent en découler car ça pourrait en faire flipper certains ;=) ...

Donc, oui, en cas de pénurie ou de restriction, ça va fritter, et moins on s'y prépare, plus ça va chauffer, peut-être même jusqu'à l'usage d'armes nucléaire (dans le club atomique, rien que des gens cool...).

Pour la montée des eaux biblique, vu que dans l'histoire, il y a eu un gars qui a eu le temps de construire une arche, je pencherai plus sur une montée non catastrophique, mais rapide malgré tout (mais c'est juste un point de vue sans aucune réelle base).

En passant, le Noé de l'histoire, tu le classes en collapsologue ou en simple mec prévoyant?
Quelle différence?
Manque-t-on de gens prévoyants aux manettes?
Sommes-nous les spectateurs/acteurs d'un superbe suicide collectif (ou génocidaires, vu que ce sont les suivants qui vont morfler, nous, on sera parti avant)?
15. A mon avis le 12/09/2019 12:01
@ 11.Posté par Saucratès :
La comparaison de la disparition des civilisations anciennes avec la situation actuelle est une question d'échelle :
Notre civilisation actuelle a atteint une échelle planétaire, et notre milieu de vie c'est le globe terrestre en son entier. Et toute modification globale du climat aura des conséquences globales.

Les théoriciens de l'effondrement sont contestés car ils dérangent notre entendement qui n'intègre pas la gravité de la situation, d'autant moins que c'est surtout la (ou les) génération(s) future(e) qui est (ou sont) concernée(s).

Des études plus spécifiques existent sur le thème du déni. A partir des travaux du sociologue Stanley Cohen, Foster (2015) a mis à jour deux subtiles formes de dénis : le déni interprétatif (interpretative denial), et le déni implicatif (implicative denial). Si nous acceptons certains faits, mais que nous les interprétons dans un sens qui les rend plus « sûrs », et qui dérange moins notre psyché, il s’agit de déni interprétatif. Si nous reconnaissons les conséquences dérangeantes de ces faits, mais que nous nous investissons dans des tâches qui ne prennent pas en compte toute la gravité de la situation, il s’agit de déni implicatif. Pour Foster, le mouvement écologiste est en plein déni implicatif : investissement dans des initiatives « ville en transition », signatures de pétitions en ligne, refus de prendre l’avion — autant d’activités qui permettent aux gens de « faire quelque chose » sans se confronter sérieusement à la réalité du changement climatique.


Collé à partir de
16. A mon avis le 12/09/2019 15:46
Suite @15 :
collé à partir de :

https://medium.com/@julien.lecaille/deep-adaptation-ladaptation-radicale-un-guide-pour-naviguer-dans-la-trag%C3%A9die-climatique-659f2e210b69

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