[Alt-Text] [Alt-Text]
Zinfos 974
Gilet Jaune = SS ?

Le 05/12/2018 | Par André Pouchet | Lu 811

Ce matin, afin de commenter la brulante actualité du jour, France-Inter avait invité une très grande pointure intellectuelle, une figure majeure de la pensée contemporaine, Daniel Cohn-Bendit lui-même en personne (https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9, de 1h 21 mn 44s à 1h 46 mn 10 s) ! Tout le monde ne sait peut-être pas que le ci-devant agitateur anarchiste, l’implacable boutefeu qui, en mai 1968, avait joué un rôle décisif dans le déclenchement de la funeste révolte étudiante, est aujourd’hui un ami proche du Président Macron et un de ses conseillers les plus écoutés. Pour défendre son copain et tenter de justifier la politique impopulaire de ce dernier, il a eu d’ailleurs fort à faire.

Je n’entreprendrai pas de reprendre point par point les très subtiles et si précieuses analyses sur la crise actuelle qu’a bien voulu nous délivrer ce grand prophète de la mondialisation heureuse, des analyses que M. Demorand et Mme Salamé, visiblement tout émoustillés de l’insigne honneur que le grand homme, par sa présence, leur accordait, ont, pour leur part, recueillies avec une très pieuse déférence. Pour ma part, j’extrairai seulement de cette longue interview deux passages, lesquels, en raison des indignes insinuations contre le mouvement des gilets jaunes auxquelles ce bon apôtre n’a pas craint de se livrer, m’ont particulièrement retenu et scandalisé.

Le premier de ceux-ci (à 1h 25 mn), c’est quand Demorand, ingénument, se permet de comparer le mouvement actuel des gilets jaunes avec celui des étudiants de 68. Une comparaison sacrilège que Cohn-Bendit aussitôt repousse avec indignation : « En 68, on se battait contre un général au pouvoir. Les gilets-jaunes demandent un général au pouvoir (c’est au Général de Villiers qu’en l’occurrence, semble-t-il, il se réfère !) : il y a une différence ! » Et, dans la foulée, de gloser sur « la tentation autoritaire » qu’il prétend percevoir chez les gilets-jaunes : « L’idéal politique des gilets jaunes, c’est : « il faut une main forte » […] Le type de société qui peut émerger de ces tendances, moi, ça me fait peur ! »

Pour aller voir dans la colère et la révolte, qui s’expriment aujourd’hui parmi les couches les plus modestes et les plus périphériques de notre population, l’amorce d’un mouvement totalitaire de type fasciste, il faut avoir l’esprit sacrément mal tourné et beaucoup de mauvaise foi. Ce qui en effet a mis en mouvement les gilets jaunes, toutes les observations honnêtes l’ont bien montré, c’est d’une part l’exaspération provoquée par le fait de se sentir de plus en plus écrasées par diverses taxes, celles sur le carburant et d’autres, des taxes qui viennent encore rogner leurs modestes revenus, et d’autre part la constatation du mépris condescendant dans lequel les enferment les arrogants représentants du pouvoir macroniste et les privilégiés habitant les grandes métropoles, tous ces bobos hautains qui se contrefichent de l’augmentation du diesel car eux, pour se déplacer, ce qu’ils utilisent prioritairement, c’est soit la trottinette, soit l’avion.

Mais au lieu d’essayer de comprendre toute cette souffrance, laquelle il est vrai s’exprime de façon parfois maladroite, Cohn-Bendit préfère stigmatiser tous ces ploucs, tous ces beaufs, tous ces pauvres franchouillards qu’il déteste. Pensez donc, au lieu d’arborer des drapeaux noirs ou rouges et de chanter l’Internationale comme les petits-bourgeois de 68, ce qu’ils brandissent, eux, c’est l’emblème tricolore et ce qu’ils entonnent, eux, c’est la Marseillaise ! Des fascistes, vous dis-je…

Et de gloser également sur la haine et l’intolérance qu’il perçoit dans les rangs des gilets jaunes, une haine aveugle envers Macron qu’il va jusqu’à présenter comme étant le principal moteur de leur mobilisation. Toutes choses, haine, intolérance, qui, selon lui, n’auraient pas existé en 68 : « Jamais, en 68, quelqu’un aurait menacé de mort quelqu’un qui voulait discuter. » Il a vraiment la mémoire courte. Il a oublié le climat d’intolérance et de fanatisme que lui et ses copains faisaient alors régner dans les facultés et les lycées. Il a oublié les méthodes terroristes utilisées pour faire taire ceux qui ne consentaient pas à se rallier docilement à leur mouvement.

Il a également oublié l’indécent festival d’insultes orchestré par lui et ses copains à l’encontre de la noble figure du Général de Gaulle, lequel était pourtant un vrai résistant antitotalitaire, auquel le pays était doublement redevable de son redressement inespéré. Il a apparemment oublié le cri de ralliement que lui et ses copains faisaient brailler aux foules juvéniles qu’ils entraînaient derrière eux dans l’émeute, le vandalisme et le saccage : « CRS = SS ! » Un tel cri ne relevait-il pas de la haine, peut-être ? Mais si, bien sûr ! Et je puis d’autant mieux en témoigner que j’ai moi-même fait partie (ce dont aujourd’hui – croyez-moi – je ne me vante pas) de cette bande d’enragés fanatiques !

Dans le second passage (à 1h 45mn), Cohn-Bendit revient à la charge d’une façon encore plus grotesque et plus odieuse. On est alors presque à la fin de l’entretien. Les journalistes de France-Inter ont, « démocratiquement », donné la parole à une poignée d’auditeurs. Des auditeurs qui, comme d’habitude, ont été visiblement sélectionnés, triés sur le volet de façon à soigneusement écarter du micro les mal-pensants, à se protéger de tout éventuel propos malsonnant non conforme à l’idéologie « progressiste » qui seule, on le sait bien, a droit de cité sur cette antenne.

La dernière question d’auditeur proposée aux réactions de l’invité est celle d’un certain Cédric. C’est une question que Demorand, en ayant l’air de s’excuser pour le côté presque iconoclaste et à la limite de l’insolence de celle-ci, va lui relayer : « Dis-moi Dany, qu’est-ce que ça fait d’être de l’autre côté de la barricade ? » Alors, voilà Cohn-Bendit qui réagit avec véhémence et en remet une couche : « Camarade Cédric, je suis allergique au jaune, pour des raisons personnelles. Je peux pas mettre quelque chose de jaune. Peut-être que les gens comprendront… »

Et Demorand obligeamment s’empresse alors de mettre les points sur les i à l’intention de ceux qui n’auraient pas saisi la fine allusion : « L’étoile jaune, j’imagine ? » – Exactement. Deuxièmement, je n’accepterai jamais un mouvement qui me dit : « Tu passes si tu mets ton gilet. Tu passes si tu signes une pétition. » Jamais ! On peut me massacrer, jamais je ne ferai ça. […] J’ai une angoisse terrible dans les sociétés que nous vivons, c’est que nos libertés, elles peuvent disparaitre dans des mouvements autoritaires… Quand je vois pointer à l’horizon la moindre perspective totalitaire, je ne suis pas de l’autre côté de la barricade : je suis du bon côté de la barricade ! »

Le voilà donc, notre brave Dany, qui non seulement n’hésite pas à se camper lui-même en héroïque résistant, qui endosse sans rire le costume intrépide du combattant antitotalitaire, mais qui, afin de mieux déconsidérer ceux à qui il s’oppose et qu’il entend dénigrer par tous les moyens, ne craint pas d’actionner démagogiquement le trop commode ressort de l’antisémitisme ! Notez bien, en 68, il nous avait déjà fait le coup. Souvenez-vous : s’il s’était alors vu cruellement persécuter par le pouvoir, s’il s’était vu injustement expulser du territoire français, ce n’était pas en raison de ses agissements délictueux (graves entraves au fonctionnement de l’université, appels répétés à l’émeute, propagation inlassable du désordre et de la chienlit, etc.) mais uniquement parce que « juif allemand » ! Quelle honte ! Quelle absence totale de scrupule et de dignité de sa part ! Oser ainsi instrumentaliser le malheur juif ! Ce cynique individu ne manque décidément pas d'impudence !


Commentaires (14)
1. chikun le 05/12/2018 11:58
A la Réunion j'ai cru un moment qu'"ils" allaient " parler de la peste brune .... pour les GJ . Mais ils n'ont pas osé s'en prendre aux réunionnais de toutes couleurs
Pourtant MLP est arrivée en tête aux dernièresélections........
2. polo974 le 05/12/2018 14:03
""" ... la funeste révolte étudiante ..."""

Ouais, mais non, ça c'est juste votre point de vue de vieux ... (cf la chanson de Brel)...

(d'un autre coté, de Dany aussi est un peu vieux ...)
3. Alain. NIVET le 05/12/2018 16:28
André Pouchet : bonne synthèse, bonne analyse.

A.N.
4. MARTIN LANE le 05/12/2018 21:36
Il ne faut pas avoir peur des contradictions. Merci et bravo pour ce " cri" qui démontre bien à qui appartiennent les richesses de notre pays.
5. A mon avis le 06/12/2018 15:18
Votre titre n'est même pas choquant tellement il est débile !

Quand au reste de votre laïus plutôt balourd, il montre simplement que :

Vous détestez Dany Cohn Bendit !
vous détestez Nicolas Demorand !
vous détestez Léa Salamé !

Ne soyez pas maso !
Changez de radio !

Ca n'empêchera pas la matinale de France Inter d'être la première radio de France !


PS 1.: Savez vous que le "jaune" n'est pas non plus une couleur très prisée par les syndicats : "les jaunes" désignaient en effet les briseurs de grève.

Les GJ détestent les syndicats. Un hasard ?

PS2 : savez vous que les GJ sont noyautés par des groupuscules d'extrême droite, notamment
Terre et peuple ; Parti de la France ; Ligue du Midi ; Volontaires pour la France
dont le but est de semer la chienlit en France.
Dans le même ordre d'idée, pas étonnant non plus que les Populistes européens identitaires comme Salvini se moquent de Macron (et donc de la France et des Français).
6. " SIMPLE REUNIONNAIS LAMBA" le 06/12/2018 17:39
DES PROPOS EXCESSIFS N' ONT JAMAIS CONVAINCU PERSONNE . . . A PART LES EXTRÉMISTES DE TOUS BORDS ! ! !
7. pekpek le 06/12/2018 19:00
N'empêche qu'on a eu les étoiles jaunes .... et que les gilets jaunes se font condamner également d'une façon infâme par les soutiens de ce gouvernement du milieu ; Du milieu . du milieu.
8. A mon avis le 06/12/2018 23:52
@ 2 par polo974 : pour compléter votre remarque, si Dany est un peu vieux lui aussi, au moins il raisonne en sage, contrairement à l'auteur de ce billet fort balourd qui raisonne en vieux grincheux haineux qui a encore des remontées gastriques en évoquant mai 68

Cohn Bendit est un écologiste et européen convaincu, qui a beaucoup œuvré dans ce sens aux côtés de José Bavé au Parlement européen.
Il a l'avantage d'avoir aussi pratiqué la politique en Allemagne avec les Verts, et son point de vue comparatif est toujours fort intéressant.
S'il se dit ami de Macron, ça ne l'a pas empêché de "vertement" critiquer le chef de l'Etat au cours de cette émission.
9. leon le 07/12/2018 08:41
gilet jaune = ss peut etre
hier soir je regardais c8 l'emission d'hanouna ( je ne suis pas fan du bonhomme) mais depuis quelques jours il y a des gilets jaunes dans l'emission
au fil des jours on remarque les gilets n'ont pas tous le meme point de vue ,que ceux qui etaient designés le 1er ministre ont été menacés de mort et celui d'hier a qui on a demandé puisque il y aru une avancé du gouvernement si il ne pouvait se calmer ne pas venir a paris car c'est prevu qu'il aurait beaucoup de violences et peut etre meme des morts
réponse vous savez on a commencé et on veut terminer en gros il a presque dit si il a des morts ce n'est pas notre probleme
10. André Pouchet le 07/12/2018 09:25
M. A-mon-avis, je vous trouve bien grincheux ! Sans doute suis-je effectivement « débile », « balourd », voire « maso »… Soit ! Mais me refuseriez-vous le droit de réagir et d’exprimer librement mon sentiment personnel en donnant moi aussi mon avis à entendre ?

Vous me conseillez d’écouter une autre radio que France-Inter mais est-ce ma faute si cette radio est la seule qu’on puisse recevoir à La Réunion ? Et puis, vu son statut de radio nationale, de radio du « service public » financée par les impôts versés par tous les citoyens de ce pays, ne serait-on pas en droit d’attendre de sa part qu’elle diffuse des émissions équilibrées et ouvertes, s’efforçant de respecter à peu près un certain pluralisme, au lieu de fonctionner comme une entreprise de bourrage de crâne diffusant une information systématiquement biaisée, un discours très souvent sectaire et une propagande insidieuse toujours orientée dans la même direction ? Il m’est d’ailleurs arrivé d’écrire au CSA pour m’en plaindre, fournissant à cet organe censé être le garant de la bonne conduite et de l’impartialité des médias, des éléments précis et circonstanciés, sans jamais pourtant obtenir de sa part la moindre réponse (voir par exemple : https://www.causeur.fr/france-inter-record-traitement-mediatique-143893)
.
De toute façon, le problème aujourd’hui ne se situe pas vraiment là. En effet, mon courrier (peut-être rédigé de façon trop balourde et trop absconse pour que vous puissiez entendre correctement mon propos) ne visait pas prioritairement France-Inter et les journalistes serviles qui y officient, mais bien M. Cohn-Bendit, lequel est, selon moi, un personnage particulièrement malfaisant, un impudent imposteur dont je déplore qu’un peu partout lui soit indûment conféré un statut de vieux sage et de quasi prophète. J’aurais apprécié que vous nous fassiez savoir si vous approuvez cette dernière imposture de sa part, une imposture consistant à mobiliser sans vergogne à son profit, à instrumentaliser contre les gilets jaunes qu’il déteste, l’universelle condamnation de l’antisémitisme !

Ce n’était pas la première fois qu’il se livrait à ce petit jeu malsain puisque cela avait été déjà le cas en mai 68, ainsi que je me permettais de le rappeler. Mais revenons-y plus précisément puisque cela ne semble pas vous avoir le moins du monde choqué. Le 3 mai 1968, L’Humanité, publiait contre les gauchistes un article signé de Georges Marchais (lequel à cette date n’était pas encore le secrétaire général du PCF). Le titre en était « Faux révolutionnaires à démasquer ». Une phrase y a été aussitôt montée en épingle : « Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d’étudiants – se sont unifiés dans ce qu’ils appellent ‘Le Mouvement du 22 mars Nanterre’ dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit. » A la suite de cet article, Dany le Rouge a laissé propager, sans jamais la démentir, l’information totalement fallacieuse selon laquelle ce serait en tant que « juif allemand » que Marchais l’aurait dénoncé. Et tous les braves couillons d’étudiants dans mon genre, ravis de pouvoir nous aussi cautionner ce mensonge, cette abjecte escroquerie mémorielle, d’adopter aussitôt un nouveau cri de guerre pour nos bruyantes manifestations : « Nous sommes tous des juifs allemands » ! C’est pas beau, ça ? Qu’en pensez-vous donc M. A-mon-avis ?
11. la lèpre le 07/12/2018 11:09
Falsification ! Aux premiers jours de la révolte de 68 c'étaient les étudiants qui tenaient le pavé et les facultés . Ces beaux messieurs ne supportaient plus l'enseignement qui leur était donné ; Ces privilégiés contestaient l'autorité et la science de leurs professeurs . Ils les désignaient bassement comme des 'mandarins'. Plus tard les chinois de Mao feront de meme lors de la grande révolution culturelle en coiffant de bonnets d'ane leurs professeurs . Mai 68 l'emportera seulement lorsque le monde du travail et de la peine se déversera dans la rue . '' Les gilets jaunes ' ,ce n'est pas la révolte de rats de facultés . 'les gilets jaunes '' ,c'est la révolte des' Canuts 'de Lyon ; de ces canuts écrasés de misère et qui marchaient tout nus . L'armée tira sur eux . Et on annonce que Samedi on alignera des tanks face aux 'gilets jaunes '' . La banque ,le patronat , le gouvernement se défendent bien .
12. A mon avis le 07/12/2018 15:24
@ 10 André Pouchet
Vous dites :
M. A-mon-avis, je vous trouve bien grincheux ! Sans doute suis-je effectivement « débile », « balourd », voire « maso »… Soit ! Mais me refuseriez-vous le droit de réagir et d’exprimer librement mon sentiment personnel en donnant moi aussi mon avis à entendre ?


Vous ne savez pas lire :
Je n'ai pas dite que vous êtes débile, ce qui serait une insulte. J'ai dit que le titre de votre texte est débile : nuance !
Je n'ai pas dit que vous êtes balourd, ce qui serait une insulte. J'ai parlé de " votre laïus plutôt balourd" : nuance !

Quand à mon
Ne soyez pas maso !
Changez de radio !

Rreconnaissez que, écouter des animateurs de radio et un invité que vous détestez, relève un peu du " comportement d'une personne qui trouve satisfaction dans la souffrance." qui est une définition du masochisme.

Avec internet, vous pouvez librement écouter n'importe quelle radio dans le monde, alors débranchez vous de France inter, vous serez moins "grincheux" 😊😊

Quant à la liberté de vous exprimer, vous en usez fort bien. Et c'est très bien ainsi.
Tout comme vous devez admettre que vos propos puissent être critiqués ou contestés.

Vous détestez Cohn Bendit. Libre à vous.

Vous faites une montagne de sa simple remarque sur la couleur jaune en fin d'émission. Il n'y a vraiment pas de quoi en faire un fromage. Et N Demorand n'a fait que son rôle de journaliste en apportant une précision, car tout le monde n'a pas votre connaissance de la biographie de Cohn Bendit !

Personnellement j'apprécie beaucoup les idées et le raisonnement écologistes de Cohn Bendit, tout comme son action passée au Parlement européen aux côté de José Bové. Ses remarques sont souvent très pertinentes notamment du fait de sa double appartenance française et allemande.

Le reste des polémiques vielles de 50 ans sur le personnage n'ont franchement aucun intérêt.
13. A mon avis le 07/12/2018 15:31
@ 11.Posté par la lèpre
La comparaison avec la révolte des canuts (qui "allaient tout nus" dans la chanson) pourrait être pertinente.
Sauf que les canuts étaient une corporation solidaire et organisée.
Contrairement aux GJ qui refusent toute organisation et toute représentation et qui rejettent les syndicats §
14. André Pouchet le 07/12/2018 17:45
M. A-mon-avis, je me fiche d’avoir ou de ne pas avoir été par vous insulté : cela à vrai dire m’indiffère totalement. Ce qui, en revanche, m’intéresserait fort, c’est de savoir si vous trouvez normal, que votre cher Cohn-Bendit puisse se permettre de mêler à son argumentation et à sa propagande des accusations d’antisémitisme franchement incongrues et même totalement ridicules : le gilet jaune associé par lui de façon infondée à l’étoile jaune (et pourquoi pas, pendant qu’il y est, partir en guerre contre les jonquilles, les citrons ou le coureur en tête du Tour de France ?). Et le « Nous sommes tous des juifs allemands », qu’avez-vous donc à en dire, cher Monsieur ? Pour charger encore un peu la barque de ce triste sire, je vous rappellerai également les vantardises à caractère pédophilique de votre héros ; des vantardises dont il ne s’est jamais excusé et qui auraient dû lui valoir d’être traduit, pour en répondre, devant un tribunal correctionnel (voir : https://youtu.be/C5NX7gUJODM)

Mais je m’avise que j’ai oublié de commenter les affirmations que, sur un ton péremptoire, vous nous donnez dans le PS2 de votre précédente intervention. Vous y évoquiez un « noyautage » des gilets jaunes par des « groupuscules d'extrême droite dont le but est de semer la chienlit en France ». Vous alliez jusqu’à en fournir les noms : « Terre et peuple, Parti de la France, Ligue du Midi, Volontaires pour la France ». Vous avez l’air bien renseigné ; j’espère que c’est à une bonne source que vous avez puisé toutes ces informations et que vous ne vous contentez pas de vous faire l’écho servile des délires de M. Castaner, lui qui a vu déferler sur les Champs Elysées rien moins que « la peste brune » !

Moi qui ne dispose pas de tuyaux particuliers et qui, par la force des choses, n’ai pu me trouver sur place, j’ai examiné avec attention les images des désordres de dimanche dernier que l’on peut trouver sur Internet. J’ai tout particulièrement regardé ce qui s’était passé sous l’Arc de Triomphe, aux alentours du tombeau du Soldat Inconnu. Voici ce que je retire de mes observations attentives. J’ai d’abord été frappé par l’attitude d’un groupe de gilets jaunes qui se sont préoccupés de protéger la flamme sacrée en l’entourant de leurs corps, puis en disposant des barrières tout autour. Ceux-là étaient certainement de bons français animés par un patriotisme de bon aloi. Mais rien ne les désigne cependant comme des extrémistes issus des groupuscules que vous évoquez. D’autres gilets jaunes, moins pacifiques, s’accrochaient durement avec les gendarmes, policiers ou CRS coincés sous la voûte. C’était, j’en conviens, extrêmement violent (cela n’avait rien à envier à ce que j’ai connu en mai 68) et témoignait d’une grande exaspération chez les manifestants. Néanmoins, quand il est arrivé qu’un homme en uniforme tombé à terre s’est trouvé assailli et malmené par un groupe de manifestants, on a aussi vu deux de ses manifestants le relever, l’arracher aux coups que lui portaient d’autres émeutiers et l’accompagner pour lui permettre de rejoindre en sécurité ses camarades.

Ceux-là, je ne sais pas si le bulletin qu’ils avaient glissé dans l’urne aux dernières présidentielles était en faveur de Le Pen, de Mélenchon, voire de Macron ou s’ils s’étaient abstenus, mais, plutôt pacifiques ou franchement déchaînés, ils me paraissent avoir appartenu aux « vrais » gilets jaunes, c’est-à- dire à tous ces laissés pour compte de la France dite « périphérique » montés à Paris pour faire entendre leur légitime colère. Ce sont aussi ceux qui arboraient, soit des drapeaux tricolores, soit les emblèmes de leurs provinces (j’ai notamment vu flotter des drapeaux bretons et occitans).

J’ai vu d’autres manifestants, munis des outils appropriés et faisant preuve d’un savoir-faire éprouvé, s’attaquer à des agences bancaires ou à certaines boutiques de luxe dont, sans hésiter, ils brisaient les devantures ; ceux-là, qui en général n’avaient pas pris la peine d’enfiler de gilet jaune ou, éventuellement, qui y avaient ajouté le A inscrit dans un cercle, symbole bien connu de l’anarchie, étaient visiblement issus de l’ultragauche, les fameux « black bloc ». Ce sont ceux-là aussi qui renversaient des voitures avant d’y mettre le feu. Je n’ai vu aucune image montrant à l’œuvre ceux qui ont profané les murs de l’Arc de Triomphe de leurs inscriptions sacrilèges mais le contenu de ces inscriptions est tout-à-fait éloquent et signe sans équivoque leur origine indéniablement gauchiste. En voici un florilège : « nik l’État », « classe contre classe », « pas de guerre entre les peuples et pas de paix entre les classes », « gilets jaunes antifas », « justice pour Adama », « L’Ultra-droite perdra », « Manu m’a tuer ».

Les témoignages font état d’une dernière catégorie d’émeutiers, ceux qui brisaient les vitrines, non afin d’assouvir une quelconque haine du capitalisme ou de la bourgeoisie, mais afin de profiter de l’occasion pour piller impunément et repartir chargés de butin. Ces derniers appartenaient, toujours selon les témoignages publiés, aux bandes ethniques et aux classiques racailles de banlieue qu’on a déjà souvent vues à l’œuvre ces dernières années.
Nouveau commentaire :