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Zinfos 974
La cellule végétale est la base de toute activité : le triple bottom line* (2)

Le 22/10/2019 | Par Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID | Lu 518

*en anglais : les trois piliers du développement durable.

En 1997, John Elkington veut inclure dans les résultats d’une entreprise, outre les résultats financiers, les résultats sociaux et environnementaux. Il en déduit un schéma formant trois cercles qui se chevauchent : la durabilité se définit à l’intersection des trois cercles, là où les objectifs économiques rencontrent les réalités sociales et la santé environnementale. Voyez le schéma.

La cellule végétale est la base de toute activité : le triple bottom line* (2)
Puis on a étendu ces notions à la planète toute entière. Mais e pose la question essentielle : ces trois ensembles ont-ils la même importance ? Les Sciences de la Vie et de la Terre y répondent.

On l’a vu (dans le premier article sur la cellule végétale, base de la vie), les cycles naturels sont alimentés par les rayons que nous offre le soleil, transformés en énergie par la cellule végétale, seule capable de restructurer la matière et l’énergie par la photosynthèse. Energie qui est la base même de la transformation de la matière, donc de toute activité humaine, donc de l’activité économique. Ceci selon les principes de Lavoisier et de la deuxième Loi de la Thermodynamique.

 

La cellule végétale est la base de toute activité : le triple bottom line* (2)
Ce deuxième schéma montre la biosphère comme base de la vie, et l’emboîtement des trois piliers économique, social, et environnemental. Société et Economie sont des sous-systèmes : la Société prend appui sur la base naturelle, et l’Economie est un moyen pour satisfaire les besoins dans le cadre sociétal. Le capital naturel n’est pas substituable par un autre capital, matériel ou humain, la maximisation de l’intérêt individuel et autres Lois économiques ne sont pas opposables à un état de la biosphère dont elles dépendent.

La Loi biologique l’emporte toujours sur la Loi économique : l’Economie se plie à l’Ecologie, et non l’inverse. La croissance économique n’est pas conciliable dans un système clos et limité, dont l’Economie n’est qu’un sous-système. Le premier économiste à avoir intégré l’Economie dans la Biophysique et la Thermodynamique est Nicolas Georgescu-Roegen. Je pourrai citer aussi Kenneth Boulding : « Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Ou encore vous commenter ce graphique :

 

La cellule végétale est la base de toute activité : le triple bottom line* (2)
Le seul moment où le PIB (GDP en anglais) a continué de croître tandis que la consommation énergétique diminuait, dit découplage absolu, a eu lieu lors du premier choc pétrolier. On observe ailleurs une stricte proportionnalité entre consommation énergétique, et partant production de CO2, et croissance économique. Il n’y a jamais eu de découplage, même relatif, à l’échelle mondiale.

Pour atteindre la soutenabilité, et éviter l’effondrement, il faut se conformer aux conditions sociales et environnementales, c’est-à-dire répondre aux besoins humains dans les limites de la biosphère. L’économie n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. Rappelons-le : nous sommes tous dépendants de la photosynthèse, qui paye notre addition.

www.aid97400.re


Commentaires (9)
1. Bruno Bourgeon le 22/10/2019 16:31
Je précise que les deux textes sur la cellule végétale sont une tentative d'explication pour comprendre que la science économique ne peut nous sauver du collapse dans lequel elle nous plonge, qui plus est sur un mode de dérégulation du Marché. En réponse et explications à Saucratès.
2. A mon avis le 22/10/2019 22:41
Selon Wikipedia :
L'économie, du grec οἰκονομία / oikonomía, désigne étymologiquement « l'administration de la maison » (de oikos, maison, et nomos, gérer, administrer).


Bruno Bourgeon, vous mettez en évidence les dévoiements de l'administration de notre maison Terre. Administration qui ignoré que " l’économie n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. "
3. A mon avis le 22/10/2019 23:37
Et que pense Saucratès du nouveau prix Nobel d'économie ?
4. Bruno Bourgeon le 23/10/2019 08:53
Le prix Nobel de l'économie a été remis en 2019 au trio Abhijit Banerjee, Esther Duflo et Michael Kremer, pour leurs positions pour des stratégies de réduction de pauvreté via une plus grande justice fiscale dans le monde. Les politiciens et la société civile cherchent comment permettre aux Etats de mobiliser plus de ressources domestiques. Le défi est crucial, surtout en Afrique. Le continent subit de fortes pressions de la part des multinationales et des pays investisseurs pour concéder une fiscalité avantageuse. Les entreprises du Royaume-Uni et de France sont les plus agressives en Afrique pour l'obtention de ces fiscalités. L'Afrique concède une perte nette de près de 50 milliards $ par an dans le cadre des abattements fiscaux. Les gagnants sont les multinationales étrangères.
5. A mon avis le 23/10/2019 13:32
@ 4.Posté par Bruno Bourgeon :
Et ce n'est sans doute pas un hasard si la fondation "Bill et Melinda GATES" est très active en Afrique !
6. Saucratès le 23/10/2019 19:36
Salut à tous les deux, Bruno et AMA. Amusant ta blague, cher AMA, sur mon ressenti sur la nouvelle Nobel d'économie. Je finissais juste mon article je pense. D'ailleurs je ne la déteste pas. Je déteste le cirque autour de ses travaux et de ses théories. Elles me hérissent le poil depuis de très nombreuses années.

Cher Bruno, je ne trouve pas votre démonstration très claire quant à l'absence de réponse possible de l'économie à la finitude écologique de notre planète. Vous dites que l'économie doit se plier à l'écologie, mais je ne vois aucune véritable forme de démonstration. Vous publiez de beaux graphiques. Vous citez l'économiste N. Georgescu-Roegen (écrivain des années 1970, qui le premier avait développé la théorie de la décroissance, de mémoire). Et la thermodynamique. Mais point de véritable démonstration selon moi.

En quoi y a-t-il une limite dans les possibilités d'extraction de ressources sur notre planète? En quoi l'économie et l'agroeconomie ne permettrait pas de produire suffisamment d'alimentation pour 10 ou 20 milliards d'humain sur Terre sans provoquer son effondrement. Apres tout, dans les années 1500 à 1800, la Terre ne pouvait nourrir que très difficilement le demi milliard de ses habitants. Aujourd'hui, elle nourrirait très facilement 3 à 4 milliards d'habitants, plus difficilement les 8 milliards que nous sommes. Tout n'est qu'affaire de technologie ! Donc non, je ne suis pas convaincu par vos arguments. L'économie n'a pas à être soumis à l'écologie. L'écologie est juste une contrainte, une limite que l'économie doit prendre en compte. Une variable dans une équation. Et l'économie est une science ! Amitiés. Saucratès
7. Bruno Bourgeon le 24/10/2019 09:25
Saucratès, si vous ne comprenez pas que toute activité humaine, donc économique, ne peut se faire qu'à l'intérieur de la biosphère, et que puiser indéfiniment sans mesure dans la lithosphère ne fait que diminuer les possibilités de régénérescence planétaire ("la biocapacité"), de travail de la photosynthèse, par tout ce que je vous ai montré dans la première partie de ce billet, je ne peux plus rien pour vous. Plus vous puisez, plus vous épuisez, et notre empreinte écologique a déjà dépassé la biocapacité. Est-ce rien de dire que la France consomme 3 planètes si l'Humanité se comportait comme tous les Français? 5 planètes pour les Etasuniens? 9 planètes pour les Qataris? 1 planète pour les Indonésiens ou les Equatoriens? Nous ne pouvons ou devons (au sens kantien) continuer ce comportement suicidaire à l'échelle planétaire. Actuellement nous ne nourrissons que 7/8 de l'Humanité, et encore pas tous les jours, 1 milliard de crève-la-faim dans le Monde, et vous espérez nourrir 14 milliards d'individus? le problème est la répartition. A force de puiser dans la lithosphère la base de notre activité économique en diminuant les capacités de la biosphère de faire face aux conséquences de nos activités, nous allons également droit dans le mur? Et ce n'est pas la régulation du Marché qui nous en empêchera, car c'est la dysrégulation dudit Marché qui nous y conduit. Rien ne changera sans décroissance. Seul l'effondrement prévisible remettra de la raison dans nos comportements imbéciles.
8. A mon avis le 24/10/2019 15:51
@ 6.Posté par Saucratès :
Vous ne détestez pas la nouvelle lauréate du prix Nobel d'économie ?
Quand on lit votre billet à son sujet, ce n'est pas l'impression que vous donnez !

Vous posez la question :
"En quoi l'économie et l'agroeconomie ne permettrait pas de produire suffisamment d'alimentation pour 10 ou 20 milliards d'humain sur Terre sans provoquer son effondrement."

Vous êtes convaincu que la technologie pourra toujours résoudre tous les problèmes, vous êtes bien optimiste !

L'hyper-technologie en matière agricole détruit les sols et la biodiversité. C'est un constat.

Pensez vous qu'en continuant à produire avec les méthodes "modernes" (monocultures, déforestation, sélection et réduction du nombre variétés cultivées, OGM, pesticides etc. qui réduisent drastiquement la biodiversité au point que l'on parle d'extinction de nombreuses espèces ), pensez vous qu'on pourra conserver et même améliorer les rendements qui seront nécessaires pour nourrir une population qui croit de façon exponentielle ? C'est de l'utopie.

L'étude de l'écroulement de civilisations anciennes devraient nous alerter, à l'heure où la civilisation a pris une dimension planétaire !
Le vrai problème est de savoir si :
- l'humanité actuelle veut réagir pour au minimum conserver l'état actuel de notre biosphère
- l'humanité actuelle veut continuer sur sa lancer (après nous le déluge) et laisser la nature se réguler toute seule, c'est à dire selon les scénarios des collapsologues !
9. A mon avis le 24/10/2019 21:52
6.Posté par Saucratès :

La fabrication d'un smartphone nécessite 70 kg de matières premières !

"En France, en 2016, avec 580 millions de tonnes (Mt), l’extraction intérieure représente 8,7 tonnes par habitant (t/hab). Elle est majoritairement composée de minéraux non métalliques (58 %, mais 62 % avant la récession de 2008 qui a notamment affecté le secteur de la construction et les matériaux correspondants) et de biomasse (42 %) : les minerais métalliques et les combustibles fossiles, très faiblement extraits du territoire national (0,2 % de l’extraction intérieure) sont essentiellement importés. L’addition des flux extérieurs à l’extraction domestique constitue la consommation apparente (DMC, 720 Mt en 2016)."

https://ree.developpement-durable.gouv.fr/themes/pressions-exercees-par-les-modes-de-production-et-de-consommation/prelevements-de-ressources-naturelles/utilisation-des-ressources-naturelles-en-france/article/l-empreinte-matieres-de-la-france#

Pour vous Saucratès, on pourra indéfiniment continuer l'extraction des produits dont l'humanité aura besoin et accumuler les déchets toujours plus abondants. La "technologie" pourra toujours répondre aux difficultés !
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