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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : Silence, on tue !

Le 11/09/2019 | Par Mohamed Aït-Aarab | Lu 1718

Mardi 3 septembre 2019. Le gouvernement lance, en grande pompe, le « Grenelle » contre les violences conjugales.

Véritable prise de conscience nationale ou gesticulations médiatiques ? L’avenir le dira.

Prévues pour durer jusqu’au 25 novembre 2019, les réunions, organisées dans 91 départements, dont la Réunion, doivent permettre au gouvernement d’engager des mesures fortes pour mettre fin à un scandale qui n’a que trop duré.
 
En 2017, 123 femmes mouraient sous les coups de leurs conjoints ou compagnons. En 2018, le chiffre s’élevait à 121 victimes. Début août 2019, 85 femmes figuraient déjà dans cette sinistre comptabilité.
 
À la Réunion, en 2016, 5 plaintes étaient déposées quotidiennement. L’année suivante, nous en étions à 7 plaintes par jour. Or, seulement 20 % des victimes osent se déplacer au commissariat de police ou à la gendarmerie pour dénoncer leurs bourreaux. C’est à dire que 8 femmes sur 10 – une voisine, une collègue de travail, la boulangère, la caissière du supermarché, etc. - sont des martyres anonymes. 
 
La lecture de ces quelques chiffres permet de mieux comprendre pourquoi notre île figure au troisième rang (après la Guyane et la Corse) des territoires les plus touchés par les violences conjugales.
 
Il est donc une question que l’on ne peut éluder et qui doit légitimement être posée à nos gouvernants : le « Grenelle » 2019 va-t-il s’ajouter à la longue liste des pantomimes et raouts ministériels qui, sur ce même thème, ont accouché d’une souris ? Ou va-t-on enfin prendre le taureau par les cornes pour mettre fin à cette ignominie ?
 
Car, depuis quatre décennies, nos éminences n’ont pas chômé : 
 
1975 : la France ouvre le premier refuge pour femmes battues,  à Clichy, le « Centre Flora Tristan », du nom de l’une des initiatrices du féminisme en France au XIXe siècle ;  
1983 : après avoir ratifié la Convention de l’O.N.U sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), la France lance la première campagne nationale d’information pour lutter contre les violences conjugales ; 
1989 : des commissions départementales d’action contre les violences faites aux femmes sont créées ; 
1990 : la Cour de cassation reconnaît pour la première fois le crime de viol entre époux ; 
1992 : à la demande du Secrétariat d’État aux Droits des Femmes, une permanence nationale téléphonique est créée ; 
1994 : le crime passionnel devient un crime de droit commun ; 
1994 : avec le nouveau Code pénal français entré en vigueur le 1er mars,  le crime conjugal est sanctionné plus sévèrement, la qualité de conjoint de la victime devenant circonstance aggravante ; 
2004 : le gouvernement lance le premier « Plan global de lutte contre les violences faites aux femmes » (2005–2007). Il sera suivi de quatre autres plans interministériels, dont le 5e  en 2018 ; 
2005 : la loi relative au divorce entre en vigueur permettant à la victime de violences conjugales de saisir le juge aux affaires familiales ; 
2006 : la loi n° 2006–399 renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ; 
2010 : la lutte contre les violences faites aux femmes devient « Grande Cause Nationale » ;  
2011 : la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique créée un cadre juridique complet pour prévenir les violences à l’encontre des femmes, protéger les victimes et mettre fin à l’impunité des auteurs de violences. La France la ratifie le 4 juillet 2014 et elle est entrée en vigueur dans le pays le 1er novembre 2014 ; 
2014 : dans la loi du 4 août 2014, pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, certaines mesures de lutte contre les violences conjugales sont renforcées : éviction du conjoint violent du domicile familial, généralisation du téléphone « grand danger » ; 
2017–2018 : l’égalité entre les femmes et les hommes et, dans ce cadre, la lutte contre les violences faites aux femmes, devient « Grande Cause du Quinquennat » d’Emmanuel Macron ; 
2017 : le cinquième plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes (2017–2019) voit le jour. Il est suivi en 2018 d’un « grand plan inédit du gouvernement contre les violences conjugales ». 
 
Impressionnant, n’est-il pas !
 
Malgré cela, chaque semaine ou presque, la presse fait état de la disparition d’Ingrid, de Géraldine, de Joachime,… mortes sous les coups d’un tortionnaire qui a confondu amour et possessivité, tendresse et domination. 
 
Tout acte causant ou pouvant causer aux femmes « un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée » (Déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes, O.N.U., 20 décembre 1993) relève de la violence conjugale et doit être sanctionné avec la plus extrême rigueur. 
 
Mais une politique répressive, bien que nécessaire, doit s’accompagner d’un volet éducatif et d’une action concertée de tous les acteurs étatiques.
 
      La sensibilisation des jeunes en milieu scolaire et périscolaire sur les stéréotypes et les violences sexistes existe déjà. Elle doit être renforcée et les parents doivent y prendre leur part en expliquant, par exemple, que la petite sœur n’est pas la domestique de son frère. Le foyer familial est le lieu par excellence de l’apprentissage du respect d’autrui.
 
L’État, dans toutes ses composantes, doit également mettre ses administrations au diapason : aucune femme ne devrait se heurter à la mauvaise volonté d’un fonctionnaire de police ou d’un gendarme refusant d’enregistrer sa plainte ; les ordonnances de protection doivent être généralisées ; les A.R.S. doivent travailler de concert avec les hôpitaux afin d’accueillir dignement les femmes victimes de violence ;  etc.   
 
Bien sûr toutes ces mesures ont un coût. Mais là aussi tout est affaire de volonté politique. 
 
L’Espagne a (effectivement) mis sur le tapis (quoi qu’en dise Marlène Schiappa) … 1 milliard d’euros sur 5 ans, soit 200 millions par an ! En décembre 2017, l’ensemble des groupes parlementaires du parlement espagnol, les communautés autonomes et les entités locales représentées par la Fédération espagnole des municipalités et provinces ont ratifié le pacte d’État contre la violence de genre, conclu en juillet 2017 et qui prévoit plus de 200 mesures éducatives, sociales, judiciaires et sécuritaires pour lutter contre les violences faites aux femmes.
 
Le gouvernement français, par la voix du Premier ministre, a annoncé une enveloppe de … 5 millions d’euros.
 
Cherchez l’erreur.


Commentaires (15)
1. Li le 11/09/2019 16:19
En conclusion, que du vent. A force, ça doit puer chez les élus. Ils font beaucoup d'effets d'annonces, dépensent en faisant des réunions, des séminaires. ils font croire aux femmes qu'elles sont importantes à ce moment là, mais à la fin "la montagne accouche d'une souris". c'est pareil pour l'écologie, pour le chômage, la pauvreté, ...
2. Fidol Castre le 11/09/2019 16:55
Oui, il y a beaucoupe de victimes innocentes assassinées ; n'oublions pas les 200 à 250.000 avortements pratiqués chaque année en France. Oui, il y a des barbares dans notre pays qui tuent des femmes mais aussi des enfants dans le ventre de leurs mères...
3. J'ai trouvé l'erreur ! le 11/09/2019 17:44
Ça sent la sortie en amont de la campagne d'Huguette Bello à Saint-Paul. Monsieur vient de quitter quelques fonctions il cherche maintenant a monter sur une liste.. ne rêvez pas Monsieur, vous n'êtes absolument pas calibré pour la politique profane
4. Fidol Castre le 11/09/2019 18:15
3.Posté par J'ai trouvé l'erreur ! le 11/09/2019 17:44 (depuis mobile)

Ça sent la sortie en amont de la campagne d'Huguette Bello à Saint-Paul. Monsieur vient de quitter quelques fonctions il cherche maintenant a monter sur une liste.. ne rêvez pas Monsieur, vous n'êtes absolument pas calibré pour la politique profane


Décodé.
Mais en lisant les bafouilles du type, on comprend vite fait.
5. SamouSSa le 11/09/2019 18:17
Vu dans la presse, meme Monsieur qui considère que la situation à La Réunion n''est qu''un affrontement entre Opus Dei et Laïques ? Arrêtez vos clowneries mon bon Mohamed
6. Vikash cash ! le 11/09/2019 18:31
« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah et certes, Haut et Grand ! », Cora S4.V34.


Cherchez l'erreur...



Comment kidi Mohamed déjà pour décrire ses collègues africains...... " des pseudo-intellectuels qui encombrent le paysage socioculturel africain. "
https://www.amazon.fr/Mongo-%C3%A9crivain-engag%C3%A9-Mohamed-A%C3%8FT-AARAB/dp/2811110151

Ben moi je parle de pseudo intellectuel (de gauche of course) alimentaire qui encombre le paysage socio culturel réunionnais !
7. Petit Orient le 11/09/2019 19:54
Il suffit de constater la volonté hégémonique du monsieur pour se rendre compte de son incompétence. Ne croyez pas les marchands du temple mes amis...
8. le taz le 11/09/2019 20:02
sans remettre en cause le combat de la violence faite aux femmes, il est plus urgent encore de lutter contre la violence "tout court" qui s'installe dans notre paradis socialiste ou n'importe qui a le droit d'entrer sur le territoire, de réclamer des droit à toucher des allocs et autres subsides issus de nos impôts et de mener sa petite existence en total mépris de nos valeurs françaises qui la gauche rejette (ce qui fait monter le FN et finira par le mettre au pouvoir)

un ex-sinistre de l’intérieur disait récemment, "....bientôt, nous vivrons face à face".
et bien c'est en cours....

des policiers attaqués au mortier ?

des policier et pompiers caillassés ?

etc etc etc....

et c'est tous les jours....
9. C''est qui lui ? le 11/09/2019 20:17
Encore un incompétent la bas qui vient se transformer en compétent ici ? Je suis curieux de lire l''avis de ses collègues universitaire mais aussi des militants de Bello.
10. Pas inconnu, pro Bello le 11/09/2019 20:19
Regardez pour comprendre https://huguettebello.re/colistiers/mohamed-ait-araab/

Comment instrumentaliser une noble cause pour faire le boulot de campagne. RISIBLE
11. Convent le 11/09/2019 21:31
Je me rappel de ce Monsieur, hyper imbu de sa petite personne, peu tolérant, sans parler de son égo xxl. Que Dieu (ou Huguette Bello) le protège.
12. A Navet le 11/09/2019 21:41
Aït qui ? Aarab quoi? Ah ok, Bello. Il fallait le dire de suite. Très peu pour moi.
A N
Cordialement
13. MICHOU le 12/09/2019 11:00
Avant d'être une question de finances, c'est avant tout la volonté de prendre en compte la souffrance d'une partie de la population, la violence qu'elle subit au quotidien et cela pendant des années dans l'indifférence de ceux qui sont censés les protéger.
On parle de libérer la parole mais elles parlent depuis longtemps sauf qu'on ne les entend pas.
Le harcèlement doit être un délit (décision de l'ONU en 1993 mais pour quelle réalité?
14. polo974 le 14/09/2019 16:17
12.Posté par A Navet le 11/09/2019 21:41 (depuis mobile)

usurpateur ! ! !

népanivékiveu ! ! !
15. Fredo974 le 16/09/2019 16:40
Cordialement

AN
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