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Procès de Julien Alezan : Jusqu'au bout de l'horreur

Le 08/10/2019 | Par Regis Labrousse | Lu 3436

Jugé pour actes de barbarie ainsi qu'atteinte à l'intégrité d'un cadavre, Julien Alezan va avoir l'occasion de s'expliquer face aux jurés, mais surtout, il devra apporter des réponses à la fille unique de Suzanne Alin. Reconnu pour son intelligence supérieure par les experts psychiatres, il va également devoir convaincre quant à sa version des faits. 

Lors de ses auditions de garde à vue, c'est lui qui donne tous les éléments aux enquêteurs permettant de retracer son long périple mortifère. Toute l'enquête est basée sur ses seules déclarations, le corps de Suzanne Alin n'ayant jamais été retrouvé. Seuls quelques restes d'ossements humains seront découverts, sur ses indications, dans un barbecue de la forêt de Belouve. 

Julien Alezan reconnaît devant les jurés avoir commis toutes ces horreurs

Après le récit des faits par le Président Michel Carrue, Julien Alezan reconnaît devant les jurés avoir commis toutes ces horreurs. Les questions sont de savoir s’il va enfin expliquer pourquoi il a tué Suzanne Alin, pourquoi il a décidé ensuite de découper le corps à la tronçonneuse pour le brûler dans la forêt de Belouve. 

L'audition par visioconférence du premier expert psychiatre se révèle très instructive. Le Docteur Coutenceau Roland fait état du QI supérieur de Julien Alezan, le situant au-delà des 110, la moyenne se situant entre 90 et 110. Il note que l'accusé ne fait état d'aucune maladie mentale, mais relève des antécédents dépressifs. Il note un sujet obsédé par le suicide, pessimiste, timide et introverti, vivant dans une anxiété permanente. 

Julien Alezan est resté conscient de ses actes

Il explique qu'au moment des faits, le sujet se trouve dans un contexte dépressif franc entraînant, selon lui, une altération du discernement. Pour autant, il explique : "Julien Alezan est resté conscient de ses actes, n'entraînant en aucun cas, une abolition du discernement. Il reste donc accessible à une sanction pénale. Il explique que l'accusé, en brûlant le corps, "veut supprimer la vision qu'il a à son retour dans la maison, pour que personne d'autre ne le voit".

Interrogé par le président Michel Carrue, Julien Alezan donne l'impression d'être touché, éprouvé psychologiquement. Il baisse la tête et met de nombreuses secondes à répondre aux questions. Le président tente de retracer les faits depuis son départ de chez son père.

- Le président : "Pourquoi avez-vous quitté le domicile le 22 décembre 2016 ?"
- Julien Alezan : "Pour mettre fin à mes jours.

-  "Que faites-vous pendant ce temps ? "
- "Je rumine tous mes échecs, j'ai jamais pris ma vie en main." 

- "Comment avez-vous eu l'idée de vous rendre chez Mme Alin ?"
- "Toute ma vie je me poserai cette question."

- "Quelle idée avez-vous en tête ?" 
- "J'étais venu pour son argent, je me suis dit que si j'arrivais à lui faire peur, elle me donnerait son argent. Moi-même, ça me paraît irréel".

- "Vous auriez pu attendre qu'elle sorte de chez elle, voler votre père, voler un sac à main, mais vous décidez d'aller chez Mme Alin ?" Julien Alezan reste silencieux ...

- "Que se passe-t-il quand vous arrivez chez elle ?"
- "J'arrive vers 3 ou 4 heures du matin, mais je rentre vers midi. Elle ne me voit pas, elle regarde par la fenêtre je vois son visage sourire, je ne l'oublierai jamais. Elle se retourne, elle me voit, je l'agresse."

 Julien Alezan, frappe Suzanne Alin au ventre entraînant sa chute au sol. Il s'assoit sur elle, la prend par les cheveux et lui cogne la tête au sol, occasionnant une blessure saignant abondamment. 

- "Pourquoi lui avoir cogné violemment la tête au sol ?"
- "Je voulais qu'elle ne se débatte plus."

- "D'emblée il y a un déchaînement de violence, pourquoi ?" 
- "Sur le coup je n'ai pas vu la violence". Puis Julien Alezan retourne dans un long silence ...

Le président ne lui laissant aucun temps mort, enchaîne : 

- "J'ai une impression de sadisme froid chez vous", puis il lit les déclarations de l'accusé lors de ses auditions : "Elle bougeait, j'ai cogné sa tête pour qu'elle s'arrête. Elle ne s'est pas rendu compte qu'elle saignait. Je lui ai tourné la tête pour qu'elle voit." Le président lui rappelle également le mot "exsanguination" qu'il a employé durant sa garde à vue et poursuit :"Son sang gicle, je me dis qu'elle va mourir. Ensuite je la bâillonne, je lui bande les yeux et je lui attache les mains derrière le dos sur une chaise." Vous dites ensuite : "Ça pisse le sang, ça ne vous réveille pas dans votre plan ? Vous aviez peut-être l'intention d'aller jusqu'au bout, on a l'impression que ça vous excite. Dites-nous ce que vous faites après ? Julien Alezan répond : "Je me suis fait à manger". 

"Même en temps de guerre on n'accepte pas ces actes-là !"

Le président Carrue remonte ainsi toute l'épopée funèbre de Julien Alezan, n'hésitant pas à dire à propos des sévices infligés à Suzanne Alin : "La scène qui suit, je n'ai jamais vu ça ! Vous l'avez torturée ! Même en temps de guerre on n'accepte pas ces actes-là !". Julien Alezan a plongé la victime à 5 reprises dans l'eau du bain pour qu'elle lui donne les codes de ses cartes bancaires vers 3 heures du matin. Il dira lors des auditions : "au bout de la troisième fois, elle se débattait franchement pas mal", ajoutant : "Suzanne, tu ne vas pas crever pour même pas 2000€. N'oublie pas que tu as une fille et des petits enfants, si tu veux les revoir, tu me donnes les codes". 

Au final, il s'avère que Julien Alezan a fouillé toute la maison. Sa fouille, alors que Suzanne Alin est ligotée et bâillonnée à une chaise, lui permet de trouver les papiers où sont inscrits les codes des cartes qu'il a pris dans le sac de la victime. Pourquoi a-t-il donc torturé Suzanne Alin ? Comme le rappelle le président : "on est dépendant de ce qu'il dit".

Les réquisitions sont attendues ce mardi après-midi. Julien Alezan encourt la perpétuité. 


Commentaires (3)
1. joyeux joyeux le 08/10/2019 15:27
monstre
2. Doudou l original le 08/10/2019 15:47
Pas de mot pour qualifier une personne de ce type.
3. Olivier le 08/10/2019 16:22
De part les faits décrits je n'ai aucune empathie pour l'accusé, la meilleure des choses à faire serait de lui offrir un revolver et une balle et qu'il fasse ce qu'il a à faire, avec sa soit disant intelligence supérieure.
Au moins que la justice lui inflige la perpétuité réelle, et ne laisse jamais un monstre comme lui ressortir, mais j'ai comme un doute.
Je pense à la défunte victime, et surtout à ceux qui restent, sa famille, sa fille éprouvée mais forte et digne, ses petits enfants.
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